Pr Henri Joyeux : Dialogique de la Santé et de la Spiritualité

Classé dans : Non classé | 0

sante-spiritualite

A l’occasion de la participation du Pr Henri Joyeux à la soirée-débat du 16 juin 2016 / Ramadan 1437, organisée par le Centre Toulousain de la Spiritualité Musulmane, nous l’avons sollicité pour une interview, qui introduit les termes de ce débat, dont le thème sera : Dialogique de la Santé et de la Spiritualité.

Vous plaidez pour une « Santé Globale et pour que l’on soigne l’être humain dans son entier : son corps, son esprit, son cœur et la fine pointe de l’être qu’est l’âme ». Quels sont les fondements et les postulats qui sous-tendent cette approche ?

C’est à partir d’un travail que j’ai réalisé avec des patients en fin de vie. Ils et elles étaient à une semaine ou trois mois maximum de la fin de leur vie terrestre. Je leur ai donc posé la question suivante : Comment fonctionne un Être humain, vous qui savez que la fin approche et qui avez une certaine expérience de la vie. Je livrerai les résultats de cette enquête. Je ne pouvais plus jouer le rôle de médecin. J’étais un humain en pleine Santé, interrogeant des humains en fin de vie. Ce sont eux qui de manière différente m’ont fait prendre conscience de la réalité des quatre parties de notre Être, de manière lumineuse. La plupart des penseurs, philosophes ou théologiens ne voient que deux ou trois parties dans l’Être humain : corps et âme ou corps-esprit et âme. Ils oublient l’affectif ; nous verrons pourquoi.

Les mots sont importants et la précision autour de la terminologie est cruciale ; Que vous inspire le triptyque Dialogique, Spiritualité et Santé ?

Le Dialogisme est polyphonique et la Dialogique dit Auguste Comte dans son Catéchisme positiviste (en 1852 p.14) est « propre à toute vraie communication, pour expliquer les conceptions qui sont à la fois assez importantes et assez mûries. C’est pourquoi, de tout temps, l’enseignement religieux s’accomplit par voie d’entretien et non de récit. » Cela correspond à l’entretien que nous aurons avec le public sur le sujet des liens entre la Santé et la Spiritualité, à partir d’une expérience personnelle de plus de 45 années de soins et d’accompagnement de malades graves atteints de cancer touchant à peu près toutes les parties du corps.

Les avancées de la médecine sur le plan de la technique sont considérables. Introduire le débat sur la spiritualité en évoquant la santé ne revient-il pas à aller contre le sens de l’histoire, de la modernité et du progrès ?

Non, je ne crois pas aller contre le sens de l’histoire. Je suis sûr que les progrès techniques et biologiques de la médecine permettent de mieux comprendre le vivant et de mieux le soigner, et sont utiles et nécessaires à tous les humains. Malgré tout, tous n’ont pas la chance d’accéder à tous ces progrès.

L’introduction de la spiritualité est certainement plus sérieuse que l’Éthique dont on nous rabat les oreilles et qui permet de faire n’importe quoi. Le Comité national d’éthique a supprimé les postes des personnalités religieuses sous le prétexte que l’on connait leur avis. Alors que l’on connait aussi bien la plupart des avis des personnalités, dites scientifiques pour la plupart, qui se vantent d’être athées et il faut le souligner un peu moins d’être franc-maçonnes du Grand Orient.

A Abd El Kader lui-même d’abord prisonnier, les Français ont imposé une initiation maçonnique, mais quand il a compris qu’elle était délibérément athée, il s’en est retiré. Beaucoup de chercheurs et de politiques en France refusent la Transcendance, au prétexte qu’elle limiterait leurs actions.

La maçonnerie a fait beaucoup de mal à la société française depuis la Révolution de 1789. Il faut en faire le bilan. Pas seulement des têtes coupées. Elle a touché aux fondamentaux du fonctionnement de l’Etre humain dans ses quatre dimensions. C’est une des raisons parmi d’autres pour laquelle la société française va si mal.

Beaucoup de ceux qui sont au pouvoir dans le Monde, ne connaissent pas leurs propres limites et font une confiance aveugle dans la Science.

Manque d’humilité, orgueil, bêtises et respect humain se mélangent. Cela fait bien d’être incroyant, de répéter comme des perroquets que les religions ne servent qu’à faire la guerre. On cite les croisades, l’inquisition et aujourd’hui le terrorisme islamique. On conclut d’une manière simpliste que les Religions ne servent à rien et doivent disparaître pour trouver la paix partout dans le Monde, alors que c’est lorsque la politique s’empare de la religion que tout dégénère…

On oublie trop vite que les excès de la colonisation en Amérique, en Afrique et les méfaits des 2 totalitarismes athées du siècle dernier, qui ne sont pas si loin, sont responsables des plus grands massacres, en Europe et en Asie, que le monde ait jamais portés.

Et existe-t-il des dérives quant à cette approche qui se veut novatrice ?

Oui, il y a des dérives, quand les chercheurs perdent la boussole de l’humain dans toutes ses dimensions. Par exemple les modifications génétiques quand elles ne sont pas dans un but thérapeutique réel. Les chercheurs sans foi, ni loi, dirigés surtout par leur orgueil et leurs chimères peuvent arriver à faire n’importe quoi avec les embryons humains ou même avec des enfants, utilisant un enfant pour sauver son frère malade ou une mère porteuse qui loue son utérus. L’individu devient un objet en pièces détachées.

Savez-vous pourquoi les chercheurs ne travaillent pas sur des embryons de chimpanzés, ce qui éviterait de prendre l’humain comme objet d’expérience ? Tout simplement parce ce que cela coûte beaucoup plus cher que d’utiliser les humains. Avoir des chimpanzés cela impose des locaux spéciaux, un médecin vétérinaire et du personnel qualifié qui doit apporter la nourriture matin et soir. Un embryon humain ne coûte rien. Il n’est pas, contrairement à ce qu’avait décidé le premier président du Comité national d’Éthique, une « personne potentielle », mais une personne à part entière, qui doit être protégée car fragile tout autant qu’une personne âgée ou malade en fin de vie. Quand on ne respecte pas la vie à son début, on ne la respecte pas à sa fin. On a aboli la peine de mort, mais elle est à notre porte au début et la fin de la vie, quand celle-ci n’est plus respectée. La vie humaine quelle qu’elle soit est sacrée au sens le plus noble du terme.

Certains vous reprochent de tenir aujourd’hui des discours qui peuvent être dangereux du point de vue de la santé et font le constat que vous avez basculé du point de vue médical dans une forme d’irrationalité. Que répondez-vous à ces affirmations ?

Il s’agit de la position que j’ai prise à propos des vaccins. Il y a un peu plus d’un an, à la suite de plaintes des familles ne trouvant plus le seul vaccin obligatoire contre Diphtérie-Tétanos-Polio, j’ai dû enquêter. Je me suis rendu compte que les fabricants de vaccins avaient organisé la pénurie, remplaçant le seul vaccin trivalent contre les 3 maladies, par un vaccin héxavalent contre 6 maladies, 3 supplémentaires, la coqueluche, l’hemophilus influenzae b responsable de méningite chez des enfants en mauvaise santé, eux et leurs parents, et la dernière contre le virus de l’hépatite B. Ce virus peut toucher l’enfant si l’un des parents en est porteur, si plus tard il devient membre du corps médical ou paramédical, s’il se drogue ou s’il multiplie les partenaires intimes…

Évidemment les conseillers du ministère et la ministre elle-même se sont affolés comme les laboratoires car des stocks de vaccins hexavalents sont dans les pharmacies et il faut les écouler. Comme l’on accuse un chien de la rage, ils m’ont insulté, la ministre incompétente dans le domaine de la santé me traitant de médecin rétrograde contre tout en mélangeant, la pilule, l’avortement et les vaccins.

Mes prises de positions ne sont pas irrationnelles, mais scientifiques et d’expérience auprès des malades atteints de cancer que je soigne depuis 45 ans et enfin des familles et des enfants que je défends. Tout cela gêne fort de nombreux lobbies, politiques, pharmaceutiques…

La pilule oestro-progestative est la cause numéro 1 du fléau des cancers du sein en plus de la génétique (5% des femmes atteintes), du surpoids, des stress, du non allaitement maternel, du tabagisme.

L’avortement est aussi un fléau social non-ditqui voit partir à la poubelle chaque année en France 220 000 enfants normaux, que l’on qualifie facilement et de manière non scientifique de ”personnes potentielles” autant dire que ce ne sont pas des personnes. Or scientifiquement il n’y pas de différence entre notre première cellule de vie qui unit l’ovule de la mère au spermatozoïde du père et le même Être humain à 100 ans. Le premier est protégé dans l’utérus maternel, à 100 ans nous sommes protégés par ceux auxquels nous avons donné la vie.

Quant à la vaccination, je suis 100% d’accord avec la seule vaccination obligatoire ou exigible contre Diphtérie-Tétanos-Polio mais sans aucun adjuvant en particulier l’Aluminium. Celui-ci est ajouté pour vacciner l’enfant de plus en plus tôt en faisant peur aux mères et aux parents pour vacciner d’urgence dès 2 mois les 820 000 bébés qui naissent chaque année en France. A 2 mois le système immunitaire de l’enfant n’est pas mature. L’aluminium est destiné à le stimuler.

C’est pareil dans toute l’Europe et dans tous les pays du monde. La pénurie calculée par les fabricants de vaccins qui se sont entendus entre Sanofi-Pasteur en Europe et GSK aux USA, est destinée à imposer aux familles un vaccin 7 fois plus cher (49€ au lieu de moins de 7). Cela s’appelle une vente « liée ». C’est illégal.

La ministre consciente de la pénurie, pour apaiser les esprits, avait prévu à l’automne dernier un grand débat public à propos de la vaccination, tout en ajoutant « la vaccination ne se discute pas ! »

Si le débat a eu lieu, c’est seulement devant la chambre disciplinaire du Conseil de l’Ordre des médecins le vendredi 27 mai, où j’ai dû comparaître, face à un jury de six généralistes retraités et un magistrat en présence du public et des médias. J’ai pu m’expliquer très simplement. J’attends le verdict dans un mois. Je risque un blâme ou une radiation. Dans le premier cas le conseil national fera appel, dans le 2ème c’est moi qui ferais appel. Je m’attends donc à comparaître devant le conseil national, tout aussi sereinement.

La période de la maladie surtout quand celle-ci est grave, est souvent synonyme d’introspection profonde, de méditation et de (re)centration sur l’essentiel.

Le patient gravement malade entre dans l’Univers du Sens. Il se pose beaucoup de questions. Pourquoi moi et pas un autre ? Qu’ai-je fait pour être malade ? Punition divine ? Vais-je m’en sortir ? Quel sens à la vie ? D’où je viens, et où je vais ? Si Dieu existe, que fait-il ? Les personnes, qu’elles soient religieuses, athées ou agnostiques, se posent les mêmes questions. Ces derniers concluent souvent « j’ai tiré le mauvais numéro ».

Évidemment beaucoup de cancérologues savent pourquoi le patient est là. Ils connaissent les causes toujours multiples de telle ou telle atteinte cancéreuse. Il n’y a pas que le tabac et l’alcool en excès. Il y a de très nombreuses mauvaises habitudes alimentaires qui font que beaucoup de personnes sont en surnutrition ou malnutrition. Il y a la consommation des médicaments abusifs. Une patiente récemment me disait que certains médecins dans les maisons de retraite sont des « dealers »[/LINK], délivrant des ordonnances totalement inutiles qui peuvent faire plus de mal que de bien : par exemple des antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, tandis que l’alimentation est fournie par les lobbies des produits laitiers et sucrés qui abiment la santé, trop de calcium, trop de lactose, trop de facteurs de croissance pour les animaux, qui ne sont pas naturellement destinés à l’humain…

Le recentrement sur l’Essentiel est toujours présent chez les patients en fin de vie. Il est donc nécessaire d’aider le patient à y voir clair sans prosélytisme pour telle ou telle spiritualité. Il est important d’être à son écoute. Qu’il sente qu’il peut exprimer ses interrogations, ses doutes, ses espérances… Le médecin n’a pas les réponses à ces interrogations, mais il peut prendre le temps de les écouter, de dialoguer, de faire part de ses propres doutes.

Cette expérience quasi universelle renvoie-t-elle simplement à la fragilité du corps et à sa détresse biologique ou révèle-t-elle quelque chose de plus profond dans la nature de l’homme enfouie ou inexplorée en dehors des périodes de crises ?

Oui l’Être humain est fragile, pas seulement dans sa machine corporelle. Il l’est aussi dans son psychisme, ses pensées qui l’assaillent, son affectivité quand il ou elle se sent lâché par ses amis, ses plus proches qui ne supportent pas la maladie. Il peut alors se réfugier dans la spiritualité ou dans une solitude suicidaire, ou se faire manipuler par des gourous plus ou moins sectaires. Il faut faire preuve d’un grand sens de l’humain dans ses quatre dimensions.

Vous intervenez à l’invitation du C.T.S.M (Centre Toulousain de la Spiritualité Musulmane), durant le mois du Ramadan. Que vous inspire cette rencontre, ce mois particulier dans la spiritualité musulmane marqué par le jeûne et une certaine effervescence spirituelle ?

Ce n’est pas une première pour moi, puisque lorsque j’étais comme jeune chirurgien à Tanger au Maroc, j’ai fait le Ramadan avec un collègue musulman. Le soir il me lisait des sourates du Coran, et je lui lisais les textes de l’Évangile du jour. Il n’est pas devenu chrétien et je ne suis pas devenu musulman. Nous nous comprenions et j’avais plaisir à rompre le jeûne avec lui avec la bonne soupe « la harira ».

J’ai pu lire le Coran de A à Z selon une traduction que m’a conseillée mon ami le Dr Salahedine Lahlou. J’ai trouvé des points qui peuvent rassembler Chrétiens et Musulmans et d’autres qui ne peuvent s’expliquer que dans un contexte particulier de l’époque où il a été écrit et transcrit.

Je connais bien la vie de l’Émir Abd El Kader pour lequel j’ai une grande admiration. Sa lettre aux Français publiée le jour de la Pentecôte 1855 est une merveille de science de l’époque, de spiritualité et de philosophie toujours valable, et devrait être lue par tous les Français quelles que soient leurs origines. J’ai lu aussi son livre des Haltes. Je comprends mieux à travers cette vie et mes expériences au Maroc pourquoi je suis ici en conférence avec vous. C’est mon épouse née en Algérie qui m’a fait connaître la Lettre aux Français, car sa grand-mère, chrétienne, qui parlait et écrivait l’Arabe classique et dialectal, lui avait dit beaucoup de bien de l’Émir. Elle priait avec les familles musulmanes amies de son quartier d’El Biar.